Lorsqu'une femme subit une chirurgie mammaire dès le plus jeune âge, elle ne s'inquiète pas des conséquences que cette intervention pourra avoir sur sa capacité à allaiter plus tard. Ce n'est que lorsqu'elle tombera enceinte ou souhaitera avoir des enfants que la question va surgir et là, même les chirurgiens auront un peu de mal à répondre.

Les études sur le lien chirurgie esthétique-allaitement

Même si les chirurgies esthétiques des seins sont réalisées depuis de nombreuses années, très peu d'études ont été réalisées sur les impacts de la chirurgie mammaire sur l'allaitement futur. Résultat : même les chirurgiens ne peuvent affirmer que telle ou telle chirurgie n'altérera pas la fonctionnalité du sein.

Parmi les études réalisées, certaines affirment que la chirurgie n'altère pas la capacité fonctionnelle du sein à produire du lait, mais d'autres disent le contraire. La seule étude réalisée concernant les conséquences de la chirurgie d'augmentation ou de réduction mammaire sur la lactation a par exemple déduit que l'intervention chirurgicale multiplie par trois les risques d'impossibilité d'allaiter.

L'allaitement après une chirurgie mammaire

Pour la chirurgie, le fait que la femme réussisse à produire du lait signifie qu'elle peut allaiter, mais la femme n'est généralement pas du même avis. En effet, pour les mères, allaiter signifie beaucoup plus et donc elles s'attendent à avoir des mamelons normalement sensibles, du lait qui sort des mamelons et avoir le réflexe d'éjection et une sécrétion hormonale normale.

Pour que l'allaitement soit possible, la femme doit avoir des seins fonctionnels c'est-à-dire avec des canaux lactifères non sectionnés et les nerfs innervant les seins bien en place. Si ce n'est pas le cas, la femme peut s'attendre à quelques difficultés.

La capacité d'auto-réparation

Le corps humain a le don de s'auto-réparer. Ainsi, si la fonctionnalité des seins a été altérée durant la chirurgie, elle pourra se remettre en place jusqu'au prochain allaitement. Les canaux lactifères sectionnés pourront alors se reconstituer et les nerfs repousser au bout de quelques années, mais la durée d'auto-réparation varie d'une femme à l'autre. Il arrive par exemple que la femme n'a pas pu allaiter correctement son premier enfant, mais pourra le faire sans problème avec le second puisque le dernier est né longtemps après la chirurgie. Autrement dit, plus le temps écoulé depuis la chirurgie est long, plus la femme aura des chances de pouvoir allaiter.

Durant la grossesse, le corps de la femme connaît un grand changement. La glande mammaire se développe alors plus en vue d'allaiter le nouveau-né. Ce développement peut accélérer la réparation du sein. Si au bout de plusieurs mois après la chirurgie, la femme ressent que la sensibilité de ses mamelons est anormale, elle devrait faire un contrôle, car les risques d'échec d'allaitement sont alors plus élevés.

Par conséquent, avant de vous lancer dans une chirurgie mammaire, précisez au chirurgien que vous souhaitez allaiter plus tard pour qu'il en tienne compte.