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Magazine : Le Soir Mag - 29 Juin 2005


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MON LIFTING AU SOLEIL

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Sens, cheveux, ventre...A Tunis, la  chirurgie esthétique attire déjà des Belges.
Prix d’attaque, hôtel 5*, soleil, le tourisme médical a  de l’avenir.
De nos envoyés spéciaux Bernard Muees et Sylvain Piraux

Marjorie,2 » ans, a lez sourire ce matin. Elle passe sa dernière visite postopératoire à la clinique Alyssa, située dans le nouveau quartier des Berges du Lac,prés de tunis. Cette jeune Belge, aussi ronde que blonde, n’a pas hésiter à franchir la Méditerranée pour se faire opérer ici. Certes, son mari est tunisien et sa belle-famille pouvait l’accueillir à Bizerte. Elle se sentait en confiance. Elle a entendu parler de la Tunisie, nouvel Eldorado de la chirurgie esthétique et elle a sauté le pas. Marjorie a subi une triple intervention : liposuccion, lipectomie, lifting des cuisses. Elle est restée trois nuits à l’hôpital puis elle a pu sortir, Bilan positif .

On est bien accueilli et très bien suivi, raconte elle en toute simplicité. L’intervention a duré trois heures et demie. Seuls mes parents sont au courant. Cela m’a coûté 4000 euros  contre au moins le double en Belgique. On vient pour être belle. Dans trois mois, j’aurais un ventre plat. J’ai même un nouveau nombril…

Marjorie fait partie de ces belges qui ont choisi Tunis pour s’offrir une nouvelle peau,si pas une nouvelle vie. bIls sont encore peu nombreux en comparaison des français, Suisses, ou Britanniques. Mais ils arrivent. Avant elle, Micheline de Trooz est venue. Ravie, elle témoigne sur le site de cosmetica Travel, le TO local à l’origine de ce qu’on nomme désormais le tourisme médical.

Je leur dois mon bien-être et ma nouvelle silhouette, s’enthousiasme la Liégeoise. En plus, le devis est fixe, pas de surprise !

L’affaire s’est montée il y a un an, à l’initiative de Houssem Ben Azouz, un  ancien de l’office du tourisme tunisien, passé par Londres et Amsterdam,qui a vu naître un potentiel à  la suite d’une épreuve familiale. Il raconte ;

Ma femme française a eu un cancer du sein. Elle a été soignée et reconstruite par le chirurgien avec lequel je b travaille. Cela nous a donné l’idée de proposer le même service à l’étranger.

Après le bistouri, les vacances...

Aussi cordial qui clairvoyant,Houssem a mis au point son concept.

Il ne travaille qu’avec un seul chirurgien en qui il a toute confiance, le président de la Société des chirurgiens plastique, maxillo-faciale et réparatrice de Tunisie. Celui-ci opére partout fort d’une réputation qu’il améliore  par  des stages et congrès aux Etats-Unis. Formé en France, il a à son actif des centaines d’opérations, notamment aussi en faveur des enfants mal formés qu’il traite gratuitement. Le leitmotiv est clair : vous est en bonne main. L’aspect médical ne doit pas faire oublier le reste. Car il fait confiance et attirer la clientèle. La Tunisie, pays de vacances, est alors appelée en renfort. Accueil à l’aéroport, opération dans une clinique privée, s »jour dans un 5 étoiles tout proche , et excursions organisées. Le tout pour un prix sans concurrence avec ce que l’on paierait en Europe. Le tourisme médical a tout pour plaire.

Nous avons commencé par proposer tout ce qui est trop cher ou non remboursé en Europe, explique Houssem. Le prix + le concept, ça devait marcher. Une seule cliente génère dix fois plus de rentrées qu’un touriste ordinaire. Il faut la chouchouter. En fait, elle vient chercher ici  l’anonymat pour faire la surprise à ses proches à son retour. Le créneau est porteur. Et déjà un concurrent fait de l’ombre : Estétika Tour propose le même service à peu près aux mêmes tarifs. Mais  cosmetica, on réfléchi déjà plus loin. On pense aux soins dentaires, à la chirurgie des yeux, et à l’orthopédie, notamment auprès des Britanniques, en accord avec les assurances privées qui y trouveraient aussi leur compte .

D’autres critères interviennent ensuite. La Tunisie ,  patrie du tourisme de masse, a subi une crise ces dernières années. Le tourisme médical permet à ce pays de se diversifier en faisant rentrer des devises. Le gouvernement accompagne le mouvement : les patients étrangers sont exemptés d’une TVA de 10 % sur les frais médicaux. Mieux, on songe déjà à des cliniques hors taxes !

Délocaliser la santé

Ici, ce qu’on vise, c’est à délocaliser la santé à notre profil, confirme Selim Ben Yedder, directeur de la clinique de la Soukra. Notre objectif pourrait être à terme, d’accueillir des patients autres que ceux ayant trait à la chirurgie esthétique. En attendant, celle-ci est une niche intéressante qui fait travailler tout un circuit…

Elargir à d’autres services médicaux que le marche de la beauté ? L’offre est séduisante… et la menace sérieuse, mais plus difficile à mettre en œuvre car la sécurité sociale rend les calculs nettement moins favorables. En tout cas, le bâtiment de la Soukra plaide pour eux.

Flambant neuf, 90 chambres individuelles et spacieuses, du personnel chaleureux, on montre son meilleur profil. Et on insiste sur l’équipement et sur les services : neurologie, traumatologie, cardiologie, réanimation….tout y est ! on vise 30% de patients étrangers à terme. Il faut donc démarcher les patients européens.

Visites dans les souks

Barbara, Française vivant au Koweït, et Yasmine, de Metz, vogues très loin de ces considérations marketing. Elle sont arrivées vendredi et se sont fait opérer dans la foulée. Leur dossier, établis par un questionnaire médical   minutieux, a été examiné via internet. Bilan de santé, contrôle des résultats d’analyses. Elles ont longuement parlé avec le chirurgien par téléphone qui a donné son feu vert ; elles n’ont pas hésité longtemps ;

Barbara, 42 ans et 4 enfants, a subi une liposuccion. On lui a enlevé de graisse, je me serais bien levée une heure après, confie-t-elle autour d’un thé fumant. Yasmine, 28 ans et deux enfants, complaisait à cause d’une trop petite poitrine abîmée par les grossesses. Elle est passée d’un 85 B à un 90 C !

Je voulais les remonter, avoue cette petite brune pétillante ; A Metz, c’était un an d’attente. Il n’y a que trois praticiens en Moselle’. Ils sont super de. Or, mandés je les voulais pour l’été.

Elle a envoyé des photos. Il a posé son diagnostic. Elle est ravie. J’ai payé 2500 euros en France. C’est magique. On est incognito, sans les  enfants. On peut se reposer.

Yasmine a encore acquitté un billet d’avion, Strasbourg- Tunis, à 360 euros. Sa petite soeur l’accompagne pour veiller sur elle. : elle paye 260 euros pour six jours.

Direction, le Corinthia Palace, un 5*au bord de la mer. Barbara et Yasmine ont sympathisé. Elle dînent ensemble. Elle auraient même pu rencontrer un opéré puisqu’on traite aussi la calvitie pour ces messieurs.  Elles vont rester ici une semaine, ponctuée par deux visites de contrôle. Pour le lifting du visage, plus lourd, comptez 15 jours. Bien sure, elle ne profiteront des lieux qu’à moitie ; pas de piscine ni d’exposition au soleil, mais une ambiance vacances et le plaisir d’être servie.

Cet après-midi, Houssem les emmène dans les souks. Souvenirs, restaurants, terrasse(à l’ombre), il leur sert de guide et de chauffeur.

On tien à regrouper toutes nos patientes dans le même hôtel, souffle celui-ci. Elles se lient d’amitié, se parlent, s’entraident. C’est mieux pour leur récupération. Il arrive aussi qu’on doive nous-même apporter un soutien psychologique plus fort. Vous savez, certaines pleurent quant elles découvrent leur nouveau nez.

Le psychologique, tout est la ! Il appelle certaines précautions ; La parole au chirurgien.

Beaucoup de demandes sont motivés soit par une envie de bien-être, soit par une déception sentimentale. Derrière une intervention se cache toujours un complexe, une fragilité. Il arrive parfois qu’on refuse parce que la patiente n’est pas mure. Il faut bien se préparer dans sa tête. Notre rôle est de détecter  celles qui ne son t pas et pour cela, on passe parfois des heures au téléphone, notamment en voulant connaître la position du mari. Certaines font des fixations. Elles croient aller chez le coiffeur. Je les préviens toujours : chaque intervention de chirurgie esthétique comporte des risques et se traduit par des bleus, des oedèmes, des souffrances. Il ne faut pas le nier .Attention aux complications. Un acte peut toujours virer au drame !

Pour réduire tous ces facteurs, on procède à une anesthésie la plus courte possible. Il faut opérer vite, avec des gestes précis : Plus c’est court, mieux on récupère.

Mais on est tout de même loin chez de soi et des siens. Et  s’il faut revenir, la bonne affaire s’écroule. Autant de savoir. Alors autant tout inventerier les risques notamment.

LES TUNISIENS AUSSI

La chirurgie esthétique ? Elle marche très bien aussi parmi les Tunisiens ; Mais ici, c’est plus discret. Aucune n’avoue. Elle sont belles, q’est par la magie du ciel…

S’aggassant du culte de la beauté, la Tunisie est aux normes occidentales. La publicité incite la gent féminine « à mettre K-O les kilos » quand elle ne les pousse pas vers les oméga 3 ! Du coup, les Tunisiennes défilent aussi à la clinique Alissa. Dans un pays où se déversent les chaînes de télé françaises, où les magazines de mode donnent le ton de ce qui se fait à Paris, la minceur est de mise , loin des rondeurs des mères de la Tunisie de Bourguiba. C’est un vrai phénomène de mode, constate le plasticien. Il voit affluer des patientes de plus en plus jeunes ; La bouche à oreille en amène du Moyen Orient., de Libye, d’Algérie et des Emirats. Auparavant, on se rendait plutôt au Liban ; Ce pays est réputé pour la chirurgie esthétique ; Il a désormais un concurrent à Tunis . Le niveau de vie nettement plus bas qu’en Europe se traduit aussi dans les prix : les Tunisiennes payent 20 à 30 % de moins que les Européennes. Pour elles, le coup de bistouri pour modifier la silhouette de rêve reste un vrai luxe.

« ON NE VA PAS FAIRE DE CHARTER ESTHETIQUE »

On peut se  poser des questions en effet. Ici, on pratique plusieurs actes en une fois ? Parfois trop ! On ne déplore jusqu’ici aucun accident grave. Il n’y a pas de consultations préopératoire, pas de délai de réflexion et, plus grave, pas de suivi. Sans parler de l’absence de recours juridique. En cas de problème, accuse un chirurgien français. Certes, mais on parle

Français. Certes, mais on peut s’expliquer. Les normes sont occidentales. Et le personnel dévoué. Pour sa part, la Société belge pour la chirurgie plastique, reconstructive et esthétique rappelait pour ses 50 ans que la chirurgie plastique est une discipline et non un commerce. Un rappel utile et moral quand on sait qu’à Bruxelles, un lifting du visage se négocie entre 3000

Et 7 500 euros, avec des dessous des table, soutiennent d’anciennes opérées.

Objections balayées finalement ? Tout est question de point de vue. Houssem Ben Azouz se veut rassurant.

On ne va pas faire de charter esthétique, vous savez, on n’est pas un supermarché. Notre meilleure recommandation. C’est la bouche à oreille.

Très tôt ce matin, il est allé chercher une patiente ivoirienne à l’aéroport de Tunis-Carthage. Réduction des seins au programme…à la descente d’avion ! Quant on s’étonne, il rectifie : C’est l’opération la plus facile. Tout ira bien…

Ce midi, Barbara et Yasmine passent leur dernière visite. Mon ventre est une mosaïque, mais il faut juger le résultat après trois mois, dit-elle avec une bonne humeur un peu forcée. Yasmine, qui était fatiguée après la visite des souks, se plaint un     peu : Mon sein gauche est enflé. Ca tire un peu et ça fait mal. Le chirurgien arrive. R.A.S. Drainage lymphatique offert pour l’une. Remise en place pour l’autre ; Les voila rassérénées. Elles ont tenté l’aventure et ne le regrettent pas. Elles ont vu Sidi Bou Said et le café des délices ; Ont reçu de Houssem une petite peluche d’adieu, un chameau confectionné par son épouse. Une dernière petite attention avant le départ. Pour Houssem, la saison s’achève avec l’arrivée de l’été. Il va reprendre ses randonnées pédestre en montagne et dans le désert. Barbara etYasmine se rapprochent de leur idéal de santé de marbre. Elles ont abrogé quelques années couru derrière les mânes d’un corps de rêve ; elles repartent légères. A la prochaine.

Bernard Meeus 

Témoignages
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